Toute la famille devait aller visiter un zoo le lendemain.
La soirée fût donc agréable, pleine de rêves du jour suivant.
Mr Badminton alluma sa pipe, pris un journal et s’installa confortablement sur son fauteuil, pendant que Mme Badminton faisait la vaisselle (quoi ?!? Pourquoi vous me regardez comme ça ?) et que Billy jouait à sa nouvelle console de jeux vidéo, la Playstinton3.

Le lendemain matin, chacun était prêt à partir au zoo.

« Allez hop ! Tout le monde en voiture : La famille Badminton s’en va passer une magnifique journée au zoo ! »
« Papa papa ! On ne prend pas Bloody avec nous ? »
« Ha non ! C’est hors de question, voyons, mon fils ! »
« Alleeeez papaaaa, on va rigoler, il nous fait toujours bien rire tellement il est ridicule ! »
« Non c’est non Billy ! »
« Papaaaa, je t’aiiiiiime ! »
« Bon… Boooon d’accooord… »

Il ouvrit la porte du placard, la lumière qui y entrait éblouissait le pauvre Bloody, sale, maigre, abîmé par la punition, une barbe de 5 jours d’enfant de 11 ans.
Il remit ses petites lunettes rondes sur son nez.

« Sortez de là, Potter ! Et montez dans la voiture ! Vite !! »

Bloody s’exécuta, l’esprit égaré, sortant du placard tel un retenu prisonnier dans une grotte depuis des années.
Le voyage fût relativement silencieux et surtout dénué de tout détail méritant d’être raconté.

La visite du zoo fût fade pour Bloody, qui peinait à avancer tant les courbatures causées par ses nuits au placard étaient douloureuses.

Soudain, Bloody se figea, écarquillant les yeux, comme hypnotisé.

Forte de l’expérience désastreuse des facéties de l’enfant non admis, la famille arrêta sa passionnante visite pour le surveiller.

Après quelques secondes d’immobilité totale, Bloody avança doucement, pas à pas, vers une grande cage en métal.

« Papa… On dirait qu’il va vers la cage des poulets ! »
« Ho non ! Pas les poulets !! »

Hé si, monsieur Badminton ! Bloody était en pleine conversation mentale avec un petit poulet à l’intérieur de la cage.
Le poulet regardait Bloody avec la même insistance, une bataille psychologique avait commencé !

De loin, Mr Badminton cria :
« Bloody Potter, veuillez cesser immédiatement vos pitreries et revenir ici ! »
« Mais je… J’ai l’impression que je peux lui parler… Que je connais sa langue ! »

Bloody et le poulet étaient à présent très proches l’un de l’autre (physiquement j’entends… Messieurs, ne tentez pas ce genre de choses pour approcher le genre féminin…), séparés par la cage, se regardant fixement dans les yeux.
Le poulet gloussait nerveusement de temps à autre.

Bloody, persuadé de communiquer avec le poulet commença une discussion :
« Bwôt ? »
« … Bwôt bwôt ! »
« Ha ! Vous avez vu, il me répond ! »
« Bwôt bwôt codâââk ? »
« Bwôt codâk bwôt ! »
« Bloody Potter, revenez ici tout de suite ! »
« Oui oui ! Attendez, je lui pose une dernière question ! »
« Bwôt bwôt bwôt ? »
« Bwôt ? Bwôt ? BWÔÔôôôÔÔÔT ?!? … CODÂÂÂÂÂÂÂÂÂÂÂK !!!!! »

Le poulet semblait furieux. Il commença à lancer des cailloux sur Bloody qui s’enfuyait vers son cousin Billy.
C’est dans un énorme nuage de poussière, formé par la rage du poulet, que des cailloux furent lancés de tous les côtés sur les visiteurs du zoo, le tout avec un fond sonore strident d’hurlements de poulet.

Bloody appris une bonne leçon ce jour-là : Il y a des choses qui ne se disent pas aux poulets.

Le poulet fût rapidement maîtrisé par les forces de l’ordre et son procès est toujours en cours aujourd’hui.
Malheureusement, le bilan fût désastreux : Trois personnes décédées et Billy Badminton se retrouva à l’hôpital, pour une fracture du crâne.

Cette fois, Bloody avait dépassé les bornes, et c’est un mois ferme de placard étriqué qui l’attendait.

Note : C’est avec des planches et des clous qu’un placard se crée (« Se crée », « Secrets », c’est marrant nan ?)

Vous aimerez aussi :